L’OTAN en Afghanistan ou le traité du vain combat ? Dynamiques de crises et pratiques de contre-insurrection dans la guerre afghane, IHEDN, 19/05/2008

Compte rendu de la conférence organisée par l’Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale : http://www.ihedn.fr/

Début de la conférence : 18h30, amphithéâtre Foch, Ecole Militaire, place Joffre, 75007 Paris

Gilles Dorronsoro, politologue, spécialiste de l’Afghanistan et du monde turc, professeur de sciences politiques à l’Université Paris I Panthéon Sorbonne, Docteur en sociologie politique (EHESS), professeur de sciences politiques à l’Institut d’études politiques de Rennes, chercheur au Centre d’études et de recherches internationales (CERI) de Paris. Il est membre du comité éditorial de Cultures et Conflits et de la Lettre d’Asie Centrale. Auteur de plusieurs articles/ouvrages sur ces sujets : http://cemoti.revues.org/personne1074.html?type=auteur

Son ouvrage spécialisé sur l’Afghanistan : La révolution afghane, édité chez Karthala en 2000.

Compte-rendu

L’OTAN et son secrétariat général ont aujourd’hui à faire face à des tâches des plus délicates en Afghanistan. Petit rappel : c’est la résolution 1368 du Conseil de Sécurité de l’ONU qui a permit l’intervention, en vertu de l’article 5 du traité d’alliance : solidarité entre ses membres et en l’occurrence aux Etats-Unis en 2001. Mais à cette époque là les Etats-Unis refusent cette aide. Il y a assez rapidement un changement d’attitude et ceux-ci souhaiteraient même aujourd’hui une implication plus grande de leurs alliés. Et aujourd’hui 7 ans après, on ne voit pourtant toujours pas paix et stabilité qui étaient leurs objectifs affichés. Pour cela on retrouve certains éléments tirés de l’ouvrage de Gilles Dorronsoro dans son livre.

Face à cette situation difficile les alliés maintiennent une stratégie constante en augmentant leurs moyens, ce qui s’avère être un échec jusqu’à aujourd’hui. On observe à ce sujet 3 éléments de tendance :

une augmentation du nombre de troupes d’occupation : moins de 2 000 américains et 3 000 soldats de l’ISAF (International Security Assistance Force) en 2002 contre plus de 60 000 aujourd’hui, plus 10 000 « mercenaires » ou membres de compagnies privées de sécurité, plus les 35 000 soldats de l’armée afghane.

Une augmentation des pertes humaines : environ 7 000, (dont afghans et civils) en 2007.

Face à cela on voit un accroissement des effectifs : pour la France on dispose d’actuellement environ 2 200 hommes sur place qui seront renforcés par un millier de plus à la fin de l’année, mais est ce la solution face à une situation qui se cristallise d’une façon proche de celle de l’Irak ? C’est le problème aussi posé par la création et la viabilité de l’Etat afghan. Pour cela on peut se référer aux cartes produites par l’ONU à destination de ses agents : les « zones rouges » où leur sécurité n’est pas garantie se sont étendues à une grande partie du territoire afghan. Dans un récent rapport de la CIA on estime que le gouvernement du président Karzaï contrôle environ un tiers du territoire, la réalité serait plutôt d’un peu moins que cette proportion, la situation de Kaboul étant déjà assez relative.

D’après ces séries on peut voir que globalement la situation s’est dégradée, malgré aucun changement structurel dans l’organisation mise en place et contrairement à un optimisme de commande, notamment un optimisme américain afin de motiver et justifier l’intervention en Irak, ainsi que de grilles de lecture faussées.

Mais en 2007 on a vu un changement relatif : le ministre de la Défense australien a ainsi parlé d’un « échec », et même aux Etats-Unis la réalité commence à faire consensus, c’est une nouvelle donne intellectuelle, il y a une prise de conscience. Mais pour autant, les modalités de sortie ne sont pas claires et on ne semble pas disposer d’une stratégie pour renverser le cours des évènements.

Afin d’argumenter dans le sens de cette incohérence occidentale, il faudrait voir tout d’abord le coût stratégique majeur des attentats du 11/09/2001 et l’absence de prise de conscience qu’il a engendré. Car il faut voir la question de la stratégie dans ces évènements : ou comment la volonté de revanche américaine, soutenue par le point de vue populaire a entraîné l’intervention en Afghanistan où les experts ne se sont pas manifesté et ont adhéré à la tendance générale due à l’élan patriotique dans cette opération.

Il est peu probable qu’on envisageait sérieusement le problème Taleban sérieusement :

De 2000 à 2004 on pensait que la reconstruction serait difficile mais prometteuse ! Les arguments étaient que ceux-ci étaient extérieurs et étrangers à l’Afghanistan et à sa population et qu’ils allaient donc disparaître. Cependant on sait que la popularité d’un mouvement de guérilla n’est pas indispensable pour lui permettre de perdurer, et de plus ces affirmations étaient fausses vis-à-vis de la société afghane. Aussi la disparition soudaine des institutions centrales allait entraîner le retour des anciens acteurs locaux, tandis que les talebans disposaient alors toujours de réseaux internationaux intacts et sur une temporalité afghane typique de reconstruction et de regroupement de leurs forces, amorcée dès 2002 ! Il y a donc eu certainement de mauvaises analyses, de plus jusqu’en 2003 l’organisation des alliés y est « schizophrénique » : l’ISAF assurant la sécurité et l’armée américaine poursuivant la « guerre » indépendamment l’une de l’autre, il y a une déconnexion.

Les Etats-Unis cautionnent alors les forces locales au détriment du nouveau pouvoir central, créant ainsi une forte déstabilisation politique, en tentant de manipuler des segments sociaux et tribaux. L’ISAF dispose quant à elle de moyens légers, réussit tout de même dans un premier temps une efficace sécurisation de Kaboul, et à partir de 2003 les forces alliées sont enfin unifiées. Celle ci prend dès lors en charge le commandement, mais les moyens, même augmentés ne suffisent pas : sans effectifs suffisants au sol. On s’appuie beaucoup trop sur l’élément aérien (hélicoptères, bombardements), un peu de la même façon que les soviétiques durant leur invasion, ce qui est peu efficace et engendre de nombreuses pertes civiles, qui sont voulues par les talebans qui se dissimulent volontairement parmi les populations, ce qui engendre des pertes dans le domaine politique aussi. Ces moyens militaires inadaptés ne permettent que des interventions ciblées et ponctuelles, qui n’empêchent pas la création progressive d’importants maquis, mobiles, et qui regroupent parfois jusqu’à plusieurs centaines de combattants. Durant l’été 2006, l’armée anglaise a mené une opération majeure de ratissage dans les provinces montagneuses du Sud du pays (l’Helmand, pour info voir les cartes sur : http://www.globalsecurity.org/military/world/afghanistan/maps.htm), ce qui fut un échec du fait du peu d’effectifs employés et qu’il s’agisse de provinces relativement vastes. Cet échec a eu des conséquences psychologiques importantes : c’est un des rares cas où les troupes de l’OTAN ont été stoppées depuis la fin de la Guerre Froide (et les troupes de l’ancien colonisateur britannique).

Pour ces raisons on aurait du assister à une transformation de la doctrine stratégique. Pourtant, dans le nouveau manuel de contre guérilla publié par l’armée américaine (site de la défense), on constate l’absence de nouveautés dans les pratiques. En effet, on comprend que depuis 2005-2006 tout changement de stratégie est devenu difficile sans risquer de perdre davantage de terrain. Par exemple l’idée de la « conquête des cœurs » semble devenue impossible maintenant. C’est aussi le décalage du discours officiel avec les réalités, comme l’idée de rallier les talibans modérés pour affaiblir le mouvement, mais est ce réellement possible ?

1) On a jamais constaté de véritable scission au sein du mouvement, leur chef religieux : le Mollah Omar, serait il surtout un dirigeant symbolique ? Il y a véritablement une expérience et une pensée commune, et les stratégies de retournement peuvent être contre-productives. C’est ce qu’on a vu par exemple dans les années 90 après le départ des soviétiques quand le gouvernement central a tenté de retourner les chefs locaux en sa faveur et a donc du leur accorder une grande autonomie. En effet il leur faut dès lors davantage de moyens et cela créé désordre et incertitude. Si il faut passer un accord avec des autorités locales il doit demeurer ponctuel et ne doit pas dissimuler le problème global : les talebans ont bien une stratégie à l’échelle nationale, où par exemple un accord de cessez le feu dans la province de l’Helmand peut leur permettre de se regrouper et d’attaquer d’autres zones, ainsi que de poser problème aux autorités afghanes qui essaient toujours de contrôler leur territoire. La solution ne serait donc pas seulement une augmentation de moyens mais plutôt un changement dans leur utilisation.

2) Un deuxième élément serait le projet de reconstruction du pays, où on constate un échec dans ce qui serait les bases indispensables au nouvel état : surtout la faiblesse des moyens alloués à la sécurité et la justice. L’armée afghane dispose de moyens marginaux, que l’on retrouve concrètement dans le montant de la solde des militaires, provoquant un taux de désertion de l’ordre d’un tiers à la moitié ! Le passage de relais dans cette matière est véritablement raté pour l’instant, mais les perceptions occidentales demeurent majoritairement négatives, c’est une situation où la prise de risque doit être soutenue par des moyens financiers importants, même si à eux seuls ils ne sont pas suffisants. On se réfère constamment à cette armée afghane qui n’a pour l’instant effectué qu’une seule opération d’envergure en collaboration avec les alliés, ce n’est pas pour l’instant un acteur stratégique important.

3) Un troisième échec serait la mise sous contrôle des commandants locaux. En effet, en s’adressant directement à eux, les américains surtout ont empêché e gouvernement central de reconstituer sa base sociale et son unité politique, ces pouvoirs devenant dans la pratique autonomes voire indépendants de Kaboul. Jusqu’à aujourd’hui on trouvait une présence talebane surtout dans les provinces Sud et Est, beaucoup moins à l’Ouest et au Nord, or les féodalités n’ont pas été cassées, et comme d’autres, le général (seigneur de guerre) Abdul Rachid Dostom a été réinstallé comme puissance régionale, ce qui a posé problème quand le gouvernement a tenté de remettre de l’ordre en 2003-2004, il était déjà trop tard. C’est par exemple à ce moment là la tentative d’assassinat d’un autre seigneur local : Ismaïl Khan en 2004. Suite à ces échecs, il apparaît que toute tentative de force risque de faire perdre définitivement le contrôle sur ces zones, or ceux-ci sont en fait très autonomes, et des matières aussi essentielles que le prélèvement fiscal ne peuvent plus être contrôlées (voire perçus !) par le gouvernement afghan. Le pouvoir central y perd donc stabilité, contrôle et ressources.

La nature de la guérilla en elle-même est un 2e élément d’explication de la situation actuelle.

Il y a aussi homogénéisation de la présence talebane sur le territoire : composés en majorité de pachtoune mais cela change à partir de 2002-2003. De l’Est et du Sud on les retrouve aussi peu à peu dans le Nord. Composés de pachtounes pour des raisons tribales et idéologiques ils collaborent désormais aussi notamment avec des tadjiks du Nord Est, qui leur fournissent un appui dans les zones frontalières avec le Tadjikistan et le Pakistan.

L’insécurité politique s’est ainsi largement étendue, avec par exemple l’attaque et l’assassinat d’humanitaires partout sur le territoire désormais. La grille de lecture qui se faisait de l’ancienne situation en Afghanistan se modifie : le Djihad prend vraiment et il y a une croissance de la légitimité religieuse de talebans, ce qui est un danger majeur.

Un deuxième élément est l’adaptation de leurs tactiques après 2001. Ils ont d’abord facilement perdu la guerre car avaient choisis de concentrer leurs forces dans les grandes villes, notamment des régions où ils étaient assez peu implantés (à l’Ouest par exemple), ce qu’on comprend en fait comme un souci sécuritaire immédiat (regrouper leurs forces dans les zones qu’ils contrôlent peu), mais cela a conduit à de lourdes pertes. En retour ils ont appliqué une stratégie de guérilla. Ils disposent en effet d’un « sanctuaire », de fonds importants et d’une démographie favorable : trois éléments positifs essentiels pour permettre à leur mouvement de guérilla de perdurer et de se renforcer. Ils ont aussi un bon moral et continuent à s’adapter, notamment par l’utilisation de stratégies dont l’utilisation massive est nouvelle en Afghanistan : attentats suicides, bombes télécommandées… Comme on en voit en Irak. La guérilla a aussi muté idéologiquement, les fatwas du mollah Omar ne correspondent plus au discours moudjahid d’autrefois, du djihad, mais pour autant uniquement de « radicalisation », la destruction des Bouddhas de Bamiyan avait clairement été dictée par la volonté de faire écho dans les médias occidentaux et il ne s’agissait pas, contrairement à ce qu’on pense, à un changement de politique vis-à-vis des autres religions (le Mollah Omar aurait d’ailleurs dicté une fatwa pour la protection de ce type de monuments comme patrimoine architectural).

Conclusion

En conclusion on peut dire qu’une prise de conscience des occidentaux sur les nouveaux enjeux du conflit en Afghanistan est urgente. Pourtant la guerre n’y est pas envisagée dans un autre schéma, on risque alors de se dissimuler des réalités de plus en plus dangereuses, avec en parallèle la volonté d’augmentation des moyens comme solution envisagée : davantage de troupes, mais davantage de pertes, et de pertes civiles, il y a donc aussi un risque de basculement massif de l’opinion locale.

Questions

Comment vit le gouvernement central de Kaboul dans ce contexte ?

Réponse difficile, mais on peut dire que l’ordre central n’est pas sûr du tout, il y a véritablement absence d’un système hiérarchique efficace. Les risques que cela pose sont, comme on l’a vu récemment (avril 2008 ) avec la tentative d’assassinat du président Karzaï à Kaboul même. C’est l’absence de contrôle sur le terrain qui pose des problèmes pratiques au gouvernement dans son action, comme à celle des ONG. Aussi c’est l’absence d’économie contrôlable. La production du pavot, illégale, permet dans les régions l’autonomisation et l’insécurité totale qui y règne, même vis-à-vis des forces gouvernementales : armée et police. En fait le pari de départ était faux : il faut soutenir l’économie mais il faut commencer par sécuriser les villes, au moins certaines régions : il faut des zones de contrôle de base à partir desquelles étendre son action. Ainsi dès le début il aurait fallu désarmer les milices locales et donner plus de moyens pour la sécurité pour éviter la division qui a ensuite eu lieu.

Y a-t-il une réorientation de la stratégie française en Afghanistan ?

Une position proprement française est elle-même possible ? Il semble que l’engagement français n’ait pas assez de poids face aux autres alliés (américains, anglais, australiens…). Le renforcement décidé par le président il y a quelques jours ne permet en tout cas pas de le voir. La France ne dispose pas d’assez de troupes pour influencer sur place l’action de l’ISAF, et même dans ce cas, il serait alors probablement plus utile de faire du lobbying à Washington.

En cas d’un retrait des occidentaux quelle risquerait d’être alors la situation ? Obama peut il changer la position américaine en cas d’élection ? La mauvaise communication dans ce conflit pourrait elle changer ?

A ce sujet on a toujours tendance à avoir une lecture « Massoud » et de se dissimuler le fondamentalisme, par exemple dans son cas. Ces grilles de lecture ne permettent pas de comprendre, et en temps de guerre on voit par exemple Collin Powell dire que les ennemis ne sont pas les talebans ! Le piège idéologique est créé, on manipule l’opinion ce qui est classique en temps de conflit, par contre ce qui est grave c’est qu’apparemment les spécialistes qui le font sont eux-mêmes pris à leur propre piège ! Il y a une naïveté dans la stratégie et les propos qui laisse penser qu’ils sont pris dans leur propre politique de communication. Il faut le débat de fond dans cette matière.

La déstabilisation est déjà faite, c’est ce qu’on voit jusqu’au Pakistan sur ses frontières, il y a une perte de contrôle radicale et les opérations de 2004 n’y ont rien changé, ainsi plus le conflit dure, plus il devient problématique de ce point de vue.

La position d’Obama paraît finalement assez centriste sur cette question, hormis une intervention directe sur la frontière pakistanaise qui serait un danger. Osama Ben Laden y serait très populaire s’il s’agissait de l’attaquer dans ses bases, c’est une personnalité majeure. De plus cela risquerait d’étendre la zone de conflit, ce sont des positions plutôt dures, son choix de négociations poussées avec l’Iran est par contre beaucoup plus positif.

C’est en fait la question du curseur, faut-il les modifier ? Qu’est ce que serait en fait une situation de « victoire » pour les occidentaux aujourd’hui en Afghanistan ? Il semble qu’il s’agirait de quelque chose comme un état afghan viable et capable de se défendre à peu près seul contre les talebans, permettant un retrait de l’ISAF, ce serait là une grande victoire.

Quelle est l’idéologie de ceux qui ont été mis en place au pouvoir ?

Quand les américains ont imposé un nouveau pouvoir ils ont écarté le roi, ce qui est un acte critiquable et révélateur. En effet Karzaï n’a jamais disposé des moyens politiques pour gouverner : ce n’est pas un des nombreux et célèbres chefs de guerre, il n’a pas fait la guerre contre les soviétiques par exemple, du fait de ses origines il est aussi totalement sans appuis au Sud du pays. Dans la pratique il n’a pu accéder à une certaine autonomie (ses gardes du corps sont tous américains, ce qui lui a peut être tout de même sauvé la vie…), n’a pu élargir la marge d’action de son gouvernement, et cela continue : il a signé récemment un accord à Washington pour permettre aux américains de conduire leurs opérations librement sur le territoire, ce qui le fait passer pour un pion américain aux yeux de l’opinion ! (Ce qui en fait est plus complexe). Aussi qui va le remplacer quand vont avoir lieu les prochaines élections prévues dans un an ? Quelqu’un d’autre est il envisageable ? Pourront elles même avoir lieu ?

Quel futur pour la culture du pavot dans ce pays ?

Un futur plutôt bon… malheureusement. C’est une culture très adaptée aux conditions du pays, c’est un problème complexe et pas seulement dramatique à court terme pour les pays auxquels sont destinés les produits raffinés (héroïne), car il y a aussi une importante consommation locale. Il semble qu’on ne puisse lutter efficacement contre cette drogue, cela aurait un coût politique énorme, et les communautés qui l’exercent y sont attachées, prêtes à le défendre et armées : il est clair qu’on ne peut lutter avec succès à la fois contre la drogue et contre les talebans. De plus pour éventuellement agir contre, il faut des programmes d’aide économique de substitution. Or depuis les années 80 le remplacement de la culture du pavot par d’autres cultures a été un échec car on doit davantage s’attacher aux paramètres sociaux de ces activités. Les experts britanniques (notamment ONU) ont fait de nombreux essais, mais généralement les programmes qui fonctionnent à une échelle locale ne sont pas viables pour l’ensemble du pays, il est très difficile de trouver une solution nationale à ce phénomène. La seule solution temporaire éventuelle serait d’acheter l’ensemble de la production, mais cela poserait alors d’énormes problèmes politiques.

Faudrait il éventuellement envisager une organisation politique du pays autre qu’un gouvernement central ?

Il faut un minimum d’autonomie locale mais aujourd’hui plus personne n’y pense. En effet l’idée de fédéralisme peut être très dangereuse dans ce cas car elle risquerait d’engendrer des conflits intra régionaux de nature ethnique, qu’on n’a pas vu pour l’instant et qui seraient dévastateurs du fait de la répartition complexe des différentes populations sur le territoire (tous plus ou moins mélangés, voir cartes), découpage serait impossible du fait d’un mélange quasi absolu. De plus, on lutte actuellement contre les pouvoirs régionaux autonomes et l’idée de fédération les conforterait dans cette position. On risquerait alors un engrenage qu’il faut éviter par un état unitaire, ce qui est d’ailleurs souhaité par la population !

Il faudra certainement finalement réintégrer les talebans au niveau politique, c’est ce qu’essaye de faire aujourd’hui Karzaï en ayant un discours modéré à leur encontre, mais cela ne peut fonctionner pour l’instant car il est clairement en position de faiblesse, politique et militaire. Cette situation durera et risque d’empirer tant que celui-ci ne dispose pas des ressources nécessaires pour envisager une situation rétablie dans laquelle pourra se faire l’ouverture quand les américains partiront.

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