Equipe Paris I au Model United Nations Paris 2010 à l’UNESCO

Pour la première fois cette année est organisée à Paris, au siège de l’UNESCO, une simulation du type « Model United nations ». Il s’agit d’une simulation grandeur nature de négociations dans le cadre de l’ONU, les participants forment ainsi des équipes, défendant respectivement les intérêts d’un pays. Une simulation MUN oppose en général des équipes venues des grandes universités américaines et mondiales, vous trouverez un descriptif ici : http://en.wikipedia.org/wiki/Model_United_Nations

L’ILERI organise cette session les 4 et 5 février 2010. Parmi les autres écoles et universités candidates, il y aura cette année Paris II, Sciences Po Paris, l’American University of Paris, etc. Il ne manque plus qu’une délégation Paris I Sorbonne !

CEIS recrute dès à présent une quinzaine d’étudiants de Paris I passionnés par les relations internationales et qui désirent participer à cette simulation. Nous recherchons des candidats présentant le profil suivant :

  • L3/M1/M2 de Paris I dans une spécialité en rapport avec les relations internationales : Histoire, Droit, Science politique, etc.
  • Très bon niveau d’anglais, une langue supplémentaire serait un plus appréciable.
  • Compétences généralistes en relations internationales (système onusien, principales organisations internationales, etc.) ou plus spécialisées (zones géographiques, pays particulier, etc.)

Merci d’envoyer votre candidature à ceiscontact@gmail.com en précisant toutes ces informations, ainsi que vos diplômes passés et présents.

-CEIS

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Le Traité de Lisbonne relancera-t-il l’Union européenne ?

Par Iliada Lipsos, M2 Droit public spécialité administration générale (Paris I)

L’histoire de l’Union européenne témoigne d’une volonté politique inédite, de la part d’Etats séculaires, de bâtir une union sans cesse plus étroite entre les peuples de l’Europe en consentant à des abandons de souveraineté. Mais c’est aussi le récit « d’une lente progression étape par étape et d’une patience mise à rude épreuve » (1).

De la patience il en aura fallu, en effet, pour faire adopter le Traité de Lisbonne, que ses rédacteurs ont voulu pour améliorer le fonctionnement de l’Union européenne (UE). Le 2 octobre 2009, le oui irlandais, fort de 67,1% des voix, ouvrait la voie aux ratifications polonaise et tchèque, puis à l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, effective au 1er décembre 2009. Herman Van Rompuy, l’ex-Premier ministre belge, est le premier président permanent du Conseil européen, et la britannique Catherine Ashton, la première Haute représentante pour les Affaires étrangères. D’aucuns soulignent que ces deux figures, inconnues de la plupart des Européens, laissent augurer une Union timorée et dominée par la logique étatique. Au pays des eurosceptiques, l’hebdomadaire The Economist n’hésitait pas à sous-titrer ainsi l’un de ses articles : « The European Union’s choices for its new top jobs reveal a pitiful lack of global ambition » (2). Pourtant, aller trop vite dans la construction européenne laisse souvent le citoyen européen perplexe voire inquiet. L’ambitieux Traité établissant une Constitution pour l’Europe en a subi les conséquences en 2005, lui qui consacrait les symboles européens (hymne et devise) et employait de façon ambiguë les termes de Constitution, de lois et de ministre des affaires étrangères. Le nouveau Traité, quant à lui, donne aux Européens des instruments inédits mais il ne règlera pas tout.

Le Traité de Lisbonne, un préalable à la relance de la dynamique européenne

Le « non » au Traité établissant une Constitution pour l’Europe a marqué un coup d’arrêt au processus continu d’intégration. L’édifice européen a été bâti, d’abord, grâce à la volonté de quelques hommes, les pères fondateurs, au premier chef : Robert Schuman, Jean Monnet, Konrad Adenauer, Alcide De Gasperi, Paul-Henri Spaak… mais aussi par des traités successifs. De la CECA en 1951 au Traité de Nice de 2001, en passant par l’Acte unique (1986), Maastricht (1992) et Amsterdam (1997), ces traités ont ouvert le champ des politiques publiques européennes tout en restant prudents sur les questions d’ordre institutionnel, de plus en plus prégnantes en raison de la force d’attraction exercée par l’UE. Ce début de XXIème siècle est en effet marqué par une accélération des adhésions. En 2004, ce sont dix pays qui ont rejoint l’Union européenne (Chypre, Malte, l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie, la Slovénie) suivis, en 2007, de la Bulgarie et de la Roumanie. La crise économique de 2008 a suscité de nouvelles volontés d’adhérer, à l’image de celle de l’Islande. L’UE se devait d’apporter des solutions à cette « révolution du nombre » (1). L’élaboration d’un nouveau Traité était l’occasion de résoudre les difficultés tout en renforçant « démocratie, transparence et efficacité » (Déclaration de Laeken, Conseil européen de décembre 2001).
Le « non » au référendum français du 29 mai 2005, puis le non néerlandais du 1er juin 2005, ont interrompu abruptement le processus de ratification du nouveau traité qui avait péché par sa connotation trop fédéraliste.
Quatre ans plus tard, l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, version dite simplifiée du Traité établissant une Constitution pour l’Europe, constitue une réelle avancée tant institutionnelle que politique. Le Traité rationalise le fonctionnement de l’Union, en lui attribuant la personnalité juridique, en supprimant la logique des trois piliers et en étendant le vote à la majorité qualifiée. L’on peut relever également une clarification salutaire des compétences réparties entre compétences exclusives, compétences partagées et compétences d’appui.
Plus loin encore, le Traité a pour ambition de faire de ce géant économique qu’est l’Union, un géant politique. Ainsi, le Conseil européen se voit doté d’une présidence stable pour une durée de deux ans et demi ce qui assurera une meilleure visibilité de l’Union avec, comme objectif final, le renforcement du leadership européen. Toutefois, il s’agit davantage d’un président « facilitateur de décision »… Cela suffira t-il à faire émerger « le leadership global » que les Européens appellent de leurs vœux à 76% (3) ? Pour renforcer la légitimité et, par la même, les pouvoirs de ce président on aurait pu concevoir un collège électoral plus large réunissant des membres du Parlement européen voire des Parlements nationaux. L’entrée en vigueur de la réforme institutionnelle entraîne aussi la création du Haut représentant de l’Union pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, et celle du service européen de l’action extérieure, « un saut qualitatif, à condition d’en avoir la volonté politique », souligne Javier Solana, ancien Haut représentant pour la Politique étrangère et de sécurité commune (4).

Les défis de l’après Lisbonne

Le Traité ne suffira pas à lui seul. Cette Union dépouillée des symboles censés susciter un sentiment d’appartenance commune, voire d’affection, n’est pas celle de la cohésion, encore moins celle de la solidarité. Mise à part la consécration, non négligeable, d’une clause de solidarité en cas d’attaque terroriste ou de catastrophe naturelle et d’une clause de défense mutuelle, l’absence d’un budget européen conséquent (5) ainsi que la faible harmonisation fiscale et sociale favorisent des stratégies économiques non coopératives de la part des Etats. Les économistes Jérome Creel, Eloi Laurent et Jacques Le Cacheux dénoncent, dans un article de l’OFCE de janvier 2007, une « absence de stratégie de croissance commune et d’instruments de coordination macroéconomique ». La cohésion de l’UE est menacée par « des politiques de concurrence sociale préjudiciables à la croissance interne et à la stabilité régionale », à commencer par la politique de « glaciation salariale » combinée à une forte ouverture extérieure du premier partenaire économique de la France, l’Allemagne (6). La dichotomie entre, d’une part, la politique budgétaire, dans la main des Etats, et, d’autre part, la politique monétaire, orchestrée par la Banque centrale européenne (BCE), nuit à l’émergence d’une coordination des politiques économiques, au-delà des règles du Pacte de Stabilité et de croissance. Preuve en est le plan de sauvetage de 2008 : sur 200 milliards d’euros, seulement 30 milliards sont proprement d’origine communautaire (7). De plus, tandis que le Royaume-Uni privilégiait la baisse de la TVA, l’Allemagne se concentrait sur l’aide aux PME et la France, quant à elle, sur l’investissement…
En outre, l’absence d’une politique industrielle volontariste, et, notamment, l’absence de politique de change, aboutit à la destruction progressive du tissu industriel européen. Seules brèches dans le système : la reconnaissance de l’Eurogroupe ainsi que la mention de la BCE dans la liste des institutions ce qui la soumet, par la même, à l’exigence de « coopération loyale » avec les autres acteurs du jeu européen.
Mais quelle véritable cohésion envisager dans une Union qui prévoit une clause de sortie et multiplie les statuts dérogatoires dans des matières aussi symboliques que les droits fondamentaux, comme le montre l’exclusion du Royaume-Uni, de la Pologne et de la République tchèque de la Charte des droits fondamentaux adoptée en 2000 ?

Enfin, les peuples européens semblent être restés à l’écart de la construction de ce grand édifice. Chaque citoyen national est un citoyen européen qui s’ignore. A cet égard, le Traité renforce la démocratie européenne en augmentant considérablement le rôle du Parlement. Outre un pouvoir d’initiative en matière de révision des traités, le Parlement européen doit désormais être associé à l’adoption de 95% des textes, contre 75% actuellement. Au-delà, il est doté d’un pouvoir budgétaire accru et élit le président de la Commission sur proposition du Conseil européen. Le citoyen européen non aguerri prêtera t-il attention à ces changements d’ampleur? Il est permis d’en douter, au vu des résultats des dernières élections européennes de juin 2009. 40,6% des inscrits seulement ont participé au scrutin en France. Ils étaient 43,3% en Allemagne, 36,5% aux Pays-Bas… 28,4% en Pologne. Pourtant, la consécration de droits sociaux dans la Charte des droits fondamentaux, la meilleure prise en compte des services d’intérêt général et l’affirmation selon laquelle l’Union, dans ses relations avec le reste du monde, « contribue à la protection de ses citoyens », devraient réconcilier, à plus long terme, le citoyen européen avec les politiques de « Bruxelles ». Davantage, l’introduction d’un droit de pétition permettant à un million de citoyens d’inviter la commission à présenter une proposition d’acte législatif conduira, si l’usage de ce droit n’est pas restreint dans ses modalités concrètes, à atténuer cette image de machine bureaucratique éloignée des préoccupations quotidiennes qui entâche l’UE. En invitant les citoyens à débattre et à s’engager sur des thématiques proprement européennes ce droit permettra peut-être la création d’une véritable opinion publique européenne, prémice d’un espace public européen que tant d’europhiles appellent de leurs vœux.

Iliada Lipsos

(1) Etienne de Poncins, Le Traité de Lisbonne en 27 clés, Editions Lignes de repères, 2008.
(2) The Economist, 26 novembre 2009, « Behold, two mediocre mice ». Titre pouvant se traduire comme suit : “L’Europe accouche de deux souris bien ternes” ; le sous-titre : « l’Europe révèle son manque d’ambition sur la scène mondiale en se donnant des dirigeants sans envergure ».
(3) Enquête de Transatlantic Trends, juillet 2009, dans Le Monde, 17 novembre 2009, article de J.C Casanova « Le temps est venu pour l’Europe de s’émanciper des Etats-Unis ».
(4) Le Monde, 3 décembre 2009 « Javier Solana : « la crise met en avant le besoin d’une coopération approfondie ».
(5) Le budget européen ne représente que 1,5% du Produit intérieur brut des Etats membres.
(6) Eloi, Laurent, Le Cacheux, département des études de l’OFCE, 2007, « La politique de change de la zone euro ou le hold-up tranquille de la BCE ».
(7) Eurogroupe du 12 octobre et Conseil européen des 15 et 16 octobre 2008. Voir également, Alternatives économiques, Hors série n°81 MAI 2009, « la solidarité européenne à l’épreuve de la crise ».
(8) C’est l’adoption d’une proposition de la commission conjointement par le Conseil se prononçant à la majorité qualifiée et le Parlement européen.

Conférence CEIS-Club de l’international SPS : Quel avenir pour l’Union européenne après le traité de Lisbonne ?

Prochaine conférence de CEIS et ses partenaires du Club de l’international – Sorbonne Post Scriptum, association des élèves et anciens élèves de Paris 1

Le Club International du Sorbonne Post-Scriptum (l’Association des Etudiants et Anciens Elèves de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) organise avec ses partenaires associatifs de Paris 1 (AAE IAE Paris, AGS, CEIS, SMF) et de l’ENS Ulm (Pollens) une conférence pluridisciplinaire en Droit, Economie et Science Politique: « Quel avenir pour l’Union Européenne après le traité de Lisbonne? » avec les plus grandes références académiques en matière d’Europe :

  • Chahira Boutayeb, Maître de Conférences en Droit Public à Paris 1, spécialiste de Droit Européen et membre du Centre de Recherche sur l’Union Européenne de Paris 1,
  • Franck Debié, Maître de Conférences en Géopolitique à l’ENS et à HEC, Directeur du centre de Géostratégie de l’ENS,
  • Jean-Luc Le Bideau, Maître de Conférences en Sciences de Gestion, Directeur du Master en Gestion d’Entreprise et Affaires Internationales de Paris 1,
  • et la participation exceptionnelle de Max Peyrard, Professeur Emérite en Sciences de Gestion à Paris 1, spécialiste de la Géoéconomie européenne et titulaire de la Chaire Jean Monnet ad personam.

Le jeudi 14 janvier 2010 de 20h à 22h à l’Amphithéâtre Turgot en Sorbonne. Entrée gratuite.

Evènement Facebook : http://www.facebook.com/event.php?eid=230092342012&ref=mf